Créer une vie extraordinaire

- Par Stéphane Leblanc

Depuis le mois de mars 2017, je vis une vie extraordinaire.  

C'est presque un miracle que je puisse dire ça aujourd'hui, puisque j'ai l'impression que dans ma vie, il y a eu beaucoup de noirceur.

Vous à neuf ans, c'était quoi votre plus grand rêve ?

Moi, mon rêve était d'être un rocker.  

Quand j'étais très jeune, j'étais très gêné et c'était très difficile pour moi de me faire des amis.  Un jour mon père m'invite à aller voir un concert de Johnny Cash au Forum.  Je n'étais pas un grand fan de Johnny Cash puisque j'aimais plus Elvis mais quand ton père t'invite à aller au Forum, tu ne dis pas non.

Quand je suis arrivé au concert et que j'ai vu ces milliers de personnes applaudir Johnny Cash, j'étais vraiment impressionné pas sa présence et son charisme.  À ce moment, j'ai décidé que je serais un rock star.  J'ai pensé que si je savais jouer de la guitare, je pourrais cacher ma gêne derrière la guitare et être populaire.

Mes parents m'ont acheté une guitare et m'ont payé des cours de guitare.  Ce rêve là a duré trois semaines.  J'ai trouvé qu'apprendre la guitare était difficile et j'ai abandonné après trois semaines.

à 13 ans, j'ai décidé que je voulais devenir pilote d'avion.  Mon père m’avait amené voir un film appelé "Airplane" et je trouvais que les pilotes avaient l'air cool.  J'ai pensé à ce moment que si j'étais pilote, moi aussi je serais cool.

Je suis entré dans les cadets de l'air et j'ai suivi des cours de pilotage théoriques et ai fait des camps d'été.  Une des camps s'appelait ''Junior Leadership'' et j'y ai assisté à 14 ans.  Dans le programme de développement du leadership, il fallait faire un exercice de leadership pratique et diriger un groupe de cadet pour accomplir une tâche.  Comme j'étais gêné, je n'ai pas très bien réussi.  En fait ça a été un échec total puisque le radeau qu'il fallait construire s'est défait en plein du milieu du lac.

Après l'exercice, j'ai reçu du feedback de l'instructeur et il m'a dit: "Stéphane, tu n'a as beaucoup de leadership et je ne pense pas que tu sera un bon leader."  Quelle déclaration à faire à un jeune de 14 ans. Je me sentais détruit. Désabusé.  Ceci m'a marqué profondément puisque toute ma vie j'ai essayé de prouver que cette personne avait tort. Je suis devenu un leader. 

J'ai travaillé extrêmement fort toute ma vie et j'ai atteint des résultats exceptionnels dans beaucoup de cas.  J'ai découvert que si je travaillais plus fort que tout le monde, je pourrais me démarquer et réussir.  Ça m'a bien servi puisque j'ai joint les rangs d'une compagnie aérospatiale à 25 ans et à 42 ans j'étais devenu le vice-président d'une unité d'affaires de 2300 personnes qui fabriquait des avions de luxes pour les plus grandes compagnies et les gens les plus riches du monde.

Quand j'ai joint cette organisation, la performance n'était pas très bonne puisque la qualité ne rencontrait pas les attentes des clients et les avions était presque tous livrés en retard. Aussi, il y avait des enjeux de profitabilité important. En 22 mois, nous avons réussi à transformer cette organisation et avons fait des percées au niveau de la qualité, de la livraison à temps, de la profitabilité et aussi au niveau de l'engagement des employés et de la satisfaction des clients.

Pas mal pour une personne qui n'était pas supposée être une leader.

Cette réalisation m'a permis d'obtenir une promotion à un poste de vice-président et directeur général, responsable d'une unité d'affaires de 2.5 milliards $ et 3000 employés.  

Un jour j'étais en réunion au siège social de notre organisation et je reçois un texto de ma conjointe me disant qu'elle a perdu son emploi.  Elle était directrice dans la même compagnie que moi et elle avait une nouvelle vice-présidente qui était venu des États-Unis.  Il y avait un conflit de personnalité entre ma conjointe et sa patronne et bien entendu c'est ma conjointe qui a perdu.  Elle a été virée après 20 ans de services, 6 semaines avant Noël.

Ça m'a vraiment choqué de voir que l'entreprise pour laquelle j'étais un haut dirigeant avait aussi peu de considération pour les humains.  J'étais vraiment déçu et fâché.  Je suis allé voir le président de notre groupe pour lui en parler.  Il m'a écouté mais j'ai bien vu qu'il ne voulait pas s'en mêler.

C'est comme ça que ça fonctionne dans plusieurs grandes entreprises, on peut décider de te virer n'importe quand pour n'importe quelle raison et comme on te donne une prime de séparation, c'est supposé être correct.

Après cette situation, j'ai perdu beaucoup de ma foie envers l'organisation et j’ai senti qu'il y avait un confit entre mes valeurs et celle de l'entreprise.  J'étais devenu un leader humain et je ne pouvais pas accepter qu'on ait si peu de considération pour les humains et leurs besoins. Après plusieurs mois, j'ai quitté mon poste pour 4 mois en congé de maladie car j'étais en dépression profonde.

Après avoir pris soin de moi pendant 4 mois, je suis retourné au travail en pleine forme et avec 25 kilo en moins.  À mon retour, j'ai choisi de revenir dans une autre poste. Une poste équivalent mais dans une autre usine.  

J'ai dirigé cette organisation pendant 18 mois et avec notre équipe, nous avons fait des améliorations considérables à tous les points de vue en plus d'avoir développé 2 nouveaux produits.

Le 4 septembre 2014, les choses ont changé de façon brusque puisque on m'a demandé de quitter l'organisation.  À 8h le matin, je suis entré dans le bureau de mon patron comme un vice-président et directeur général et à 8:15, j'étais sans emploi, sans ordinateur et sans téléphone.

Vous pouvez imaginer que j'étais dans un état de choc total.  J'avais tout donné à cette organisation et j'avais fait des transformations incroyables et là, j'étais le premier dirigeant sénior à être laissé aller. Moi, un agent de transformation si efficace.  Mon monde s'est soudainement écroulé. Mon égo était profondément blessé.

J'ai passé trois mois dans mon sous-sol à avoir honte et me sentir coupable. Comment allais-je pouvoir prendre soin de ma famille.

3 mois plus tard, j'ai reçu un appel d'un ancien collègue qui avait aussi été viré la même journée que mois et qui avait obtenu un poste sénior auprès d'une grande organisation européenne.

Il m'a offert d'être son vice-président des opérations pour l'Amérique du Nord.  J'ai accepté. Ça été tout un défi et j'ai réussi avec mon équipe à faire toute une transformation. 15 mois plus tard, le poste de président pour l'Amérique du Nord est devenu disponible.  J'ai postulé pour le poste puisque je croyais avoir les compétences pour le poste et mes réalisations était ma feuille de route.

J'ai fait le processus d'évaluation en Europe avec un psychologue industriel et je devais mais je n'ai pas obtenu le poste car selon eux, je n'étais pas un leader mature.

2 mois plus tard, ils ont embauché un président de l'extérieur qui parlait bien et paraissait bien mais qui selon moi manquait de profondeur.  2 mois plus tard, il m'a demandé de quitter l'organisation.  

Comme lors de la première fois, j'ai trouvé ça très dur. Surtout que le patron du président qui m'a viré avait été un ami et que j'avais beaucoup d'amis très proche dans cette organisation.

J'ai passé 10 mois à me chercher un nouveau poste de vice-président partout au Québec sans succès.  10 mois à envoyer des centaines de CV et à appeler les chasseurs de tête pour me rendre compte que plusieurs ne prennent même pas le temps de rappeler alors que certains le font avec humanité. 

Je n'ai obtenu aucun des postes pours lesquels j'ai postulé et c'est bien normal puisqu'il n'y a aucun des postes que je désirais vraiment.  J'ai été un haut dirigeant dans les opérations pendant plus de 20 ans, mais mon cœur n'était plus là.  Comme j'avais mené plusieurs transformations réussies et que j'adorait développer des équipes hautement performantes et aider les leaders à atteindre leur plein potentiel, j'avais écrit dans un carnet de note 5 ans auparavant que mon rêve état de diriger ma propre entreprise internationale pour être un catalyseur de la transformation des leaders et des organisations partout dans le monde. Mais je n'avais jamais eu le courage de poursuivre mon rêve.

Pendant ces 10 mois, j'ai vécu à plusieurs moments dans la noirceur car je me demandais vraiment ce que j'allais faire et je me suis demandé à plusieurs reprises pourquoi j'étais ici dans cette vie.

Puis, un matin, quelque chose de spécial s'est passé.  J'ai eu une inspiration en me levant d'organiser une conférence sur le leadership transformationnel pour le public.  Le lendemain, je reçois un appel d'un ancien collègue qui travaille dans une nouvelle compagnie et il me demande d'aller faire une conférence sur le leadership transformationnel dans son organisation.  Wow ! Quelle syncronicité, 2 semaines plus tard, j'ai fait la conférence à son équipe dans les cantons de l'est et ils ont adoré.

En revenant à Montréal, j'étais vraiment motivé à organiser ma conférence pour le public et ce coir là j'ai réservé la salle de conférence et ai annoncé les billets sur le web.

Le lendemain, LinkedIn me propose un nouveau contact : Jeanne Rahilly, organisatrice d'événement.  Comme j'avais besoin d'aide pour organiser ma conférence, je l'ai contacté.  Lors de notre appel, elle m'a expliqué qu'elle avait fait le choix de seulement organiser des événements pour transformer les organisations.  Wow ! Une autre belle synchronicité. J'avais fait le même choix.

On s'est rencontré le lendemain et on a réalisé qu'on se connaissait probablement déjà puisque on se sentait déjà familier.  Après quelques minutes on a réalisé qu'on avait assisté au même atelier de guérison profonde 2 ans avant au Vermont. C'était un atelier en silence et on ne s'était pas parlé mais on s'est souvenu d'avoir été dans la même pièce pendant 3 jours.

J'ai expliqué à Jeanne mon projet complètement fou de créer une organisation pour transformer le monde des affaires en étant un catalyseur pour la transformation des leaders et des organisations et l'élévation de la conscience dans les affaires.

Jeanne m'a répondu que c'était exactement la vision pour elle même qu'elle avait écrit dans un cahier de note quelques jours auparavant. Wow! Une autre synchronicité incroyable.  Je n'en revenais pas.  J'avais enfin trouvé une personne aussi folle que moi qui pensait qu'elle pouvait changer le monde.

Le lendemain, j'ai appelé mon avocat et nous avons créé une organisation. Le Centre international du leadership conscient.

C'est comme ça que depuis le mois de mars 2017, je vis une vie extraordinaire.

Est-ce que tout est parfait et facile ? Non.

Mais à tous les matins, je me lève avec beaucoup de joie dans mon cœur car j’ai la ferme conviction que ce que je fais présentement est la mission de mon âme dans cette vie. Ce pourquoi j'existe.

Jeanne et moi avons accompli beaucoup en 9 mois pour construite notre organisation et nous avons beaucoup grandis. Nous avons réalisé qu'en tant que leader d'une organisation qui aides les gens à élever leur conscience, nous devons aussi élever la notre car nous ne pouvons pas guider les gens à un niveau de conscience plus élevé que le notre. Nous travaillons fort là-dessus et la vie nous envoie constamment des défis importants pour nous faire grandir.

Nous avons aussi rencontré beaucoup de personnes extraordinaires qui veulent aussi changer le monde.  Des personnes de partout à travers le monde avec qui nous avons développé des relations authentiques.

Ça m'a pris 45 ans pour découvrir la mission de mon âme, le pourquoi j'étais ici sur la terre et un autre 5 ans pour avoir le courage de m'écouter et me lancer dans le vide.

Aujourd'hui, je vis une vie extraordinaire et je sais que tout ce qui est arrivé dans ma vie avant était parfait car cela m'a préparé pour ce que je fais aujourd'hui.

Je vous souhaite d'écouter la petite voie à l'intérieur de vous pour découvrir la mission de votre âme et d'avoir le courage de vous lancer dans le vide vous-aussi